Bronzes

L’ART DU BRONZE

L’art du bronze, en particulier la technique dite de la "cire perdue", existe depuis plusieurs millénaires, mais peu de gens à l’heure actuelle, connaissent réellement le processus de fabrication.

Il faut savoir qu’il existe une réglementation en matière de bronze. un bronze est une oeuvre d’art originale si elle est tirée au maximum en huit exemplaires numérotés (1/8, 2/8...) plus quatre épreuves d’artiste numérotés (EA 1/4, EA 2/4...). L’artiste et le fondeur se réunissent lorsque le dernier tirage aura été réalisé, afin de détruire le moule original. la sculpture est numérotée, signée par l’artiste et le fondeur. Au-delà de douze, ce sont des oeuvres d’édition.

La cire et sa préparation

Je remets au fondeur le modèle en terre cuite. Celui-ci prépare un moule en élastomère.

Il fait fondre de la cire, en enduit l’empreinte du moule avec un pinceau. Après il referme le moule et le remplit de cire, puis le vide pour souder les parties enduites au pinceau. 

Après ouverture du moule, nous obtenons une reproduction en cire du modèle initial. Je peux alors retoucher la cire pour corriger certains détails ou lisser une partie oubliée. La pièce est alors numérotée et le fondeur impose son caché au côté de ma signature.

Ensuite, le fondeur réalise le réseau de jets et d’évents, les premiers assurant l’alimentation en bronze, les seconds, la sortie des gaz et de l’air. Il branche donc par soudage, des tubes de cire pleins sur la sculpture, en respectant le principe des vases communicants.


Puis il fixe des clous sur la sculpture pour maintenir le noyau en place quand la cire sera fondue. Au sommet du montage du réseau, on adapte une coupe en forme d’entonnoir, appelée goulotte ou bouche d’alimentation, dans laquelle sera versé le métal en fusion.


La "potée" et sa cuisson

L’ensemble cire-réseau est enterré dans une matière réfractaire appelée "potée", cylindre duquel dépasse l’extrémité de la goulotte et des évents.

Puis celle-ci est placé dans un four de décirage, qui dans une première phase d’étuvage, sèche la matière réfractaire. la température est alors augmentée progressivement jusqu’à environ 650°C, pour pyroliser la cire. D'où le nom de "bronze à la cire perdue".

La totalité de la cuisson peut durer plusieurs jours en fonction de la taille des potées.


La coulée

La potée cuite est retirée du four et enterrée dans du sable afin de la préserver des risques d’éclatement au cours de la coulée du bronze.

Pendant cette opération, les lingots de bronze sont mis à fondre dans un creuset, placé à l’intérieur du four de fusion.

Enfin, quand le métal est en température, c’est à dire environ 1100°C , il est versé dans la goulotte et le bronze en fusion s'infiltre dans tous les creux laissé par la cire.

La température du métal en fusion étant très élevée, elle provoque une importante dilatation de l’air qui s'échappe alors par les évents. 


Le décochage

La potée refroidie est retirée du sable et à l’aide d’un piolet, elle est cassée laissant apparaître le bronze brut : la sculpture et tout le réseau d’alimentation et d’évents.


La finition

On procède alors aux opérations suivantes : l'ébarbage (suppression des jets et évents), le débourrage des trous laissés par les clous brasage, le ciselage et enfin le polissage.


La patine

La sculpture de bronze nue est patinée en appliquant des produits chimiques sur la pièce chaude. Différentes réactions d'oxydo-réduction permettront d'obtenir la teinte désirée.


Toutes ces étapes sont réalisées par des artisants différents ayant chacun leur spécialité.

Un bronze est le fruit d'un travail d'équipe.


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